Dans les lignes directrices de la Commission de juin 2026

Le 30 juin 2026, la Commission européenne a publié ses lignes directrices relatives au règlement sur le travail forcé, ainsi qu’un nouveau portail d’information en ligne destiné à aider les entreprises à se préparer à sa mise en œuvre complète en décembre 2027. Il s’agit du premier document d’interprétation détaillé publié depuis l’entrée en vigueur du règlement fin 2024, et il est utile de comprendre ce qu’il apporte concrètement – et ce qu’il laisse encore en suspens.

Ces lignes directrices ont trois objectifs principaux. Premièrement, elles orientent les entreprises vers le cadre de diligence raisonnable en six étapes de l’OCDE, qu’elles présentent comme la structure de référence pour évaluer et traiter les risques liés au travail forcé, sans pour autant rendre ce cadre juridiquement contraignant. Deuxièmement, elles définissent une méthodologie de calcul des sanctions fondée sur la gravité et la durée de l’infraction, ainsi que sur des circonstances aggravantes et atténuantes, tout en laissant explicitement aux États membres le soin de finaliser la formule numérique spécifique. Troisièmement, elles publient une liste provisoire des autorités nationales compétentes – les organismes chargés de mener les enquêtes sur les risques liés au travail forcé au sein de chaque État membre – tout en précisant que cette liste reste susceptible d’être modifiée à mesure que les États membres mettent en place leurs propres dispositifs institutionnels.

Ce que les lignes directrices ne règlent pas encore revêt sans doute une importance plus grande pour la planification de la mise en conformité. La base de données sur les risques liés au travail forcé – destinée à fournir aux entreprises et aux autorités un point de référence commun concernant les zones géographiques, les secteurs et les produits à haut risque – est toujours en cours d’élaboration, sans date de lancement confirmée. Tant qu’elle n’existera pas, tant les entreprises qui réalisent des évaluations des risques que les autorités qui décident sur quels domaines concentrer leurs enquêtes devront s’appuyer sur une vision plus fragmentaire que ce que le règlement prévoit en définitive.

Les lignes directrices ne précisent pas non plus exactement quel seuil de preuve constitue une « préoccupation fondée » suffisante pour déclencher une enquête officielle – un terme utilisé tout au long du règlement mais qui n’est pas défini en termes opérationnels. Les entreprises doivent donc déduire, à partir du cadre de référence de l’OCDE et des principes généraux d’application, ce qu’une évaluation crédible des risques doit globalement démontrer, sans disposer d’une liste de contrôle à laquelle se référer.

Il convient également de noter une dimension liée aux pressions extérieures. Les États-Unis mènent actuellement une enquête au titre de la section 301 afin de déterminer si leurs partenaires commerciaux – parmi lesquels figurent les États membres de l’UE, parmi une soixantaine d’économies examinées – bloquent de manière adéquate les importations liées au travail forcé, cette évaluation pouvant entraîner l’application de droits de douane pouvant aller jusqu’à 12,5 %. Cela crée un certain sentiment d’urgence du côté de l’UE, qui doit démontrer la crédibilité de son propre dispositif de mise en œuvre, ce qui pourrait accélérer le comblement des lacunes restantes, telles que la base de données sur les risques.

Pour les équipes chargées de la conformité, l'enseignement pratique à tirer des lignes directrices de juin 2026 est que la voie à suivre est désormais claire, même si tous les détails ne sont pas encore finalisés : une diligence raisonnable conforme au cadre de l'OCDE, documentée et étayée par des preuves, constitue la norme de facto attendue par la Commission – que la base de données sur les risques ou les formules de calcul des sanctions définitives existent déjà ou non.

Dans le cadre de ses travaux permanents sur les normes, Speeki suit de près l'évolution de la réglementation européenne en matière de diligence raisonnable et de gouvernance de la chaîne d'approvisionnement. Speeki est un organisme de certification accrédité ; les informations relatives à son accréditation actuelle sont disponibles sur speeki.com.

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